Épisode 75 – Vers la retraite : dans quelles conditions s’effectue ce changement de rythme et de rôle social ?
Mélissa-Asli PETIT, sociologue et créatrice de Mixing generations, est experte des sujets jeunes retraités et vieillissement. Elle explore les dimensions psychologiques et sociales de la retraite et souligne l’importance de la préparation. Elle donne des conseils pratiques pour aborder ce virage avec confiance.
Mélissa-Asli m’avait interrogée dans le cadre d’une étude qu’elle réalisait pour le compte d’un client lui ayant confié une étude sur « les retraités et le changement climatique ». Je suivais depuis longtemps son podcast Mixing generations, ses écrits et interventions éclairantes. Sa thèse en sociologie sur le thème « Les jeunes retraités » et son expertise en tant que conseil en faisaient l’interlocutrice idéale pour aborder le sujet de la transition entre la vie active et la vie de retraité.e.
Les conditions dans lesquelles on parvient et on s’adapte à la retraite sont extrêmement variables.
Est-ce que le travailleur a pu choisir le moment de partir ou ce départ lui a-t-il été imposé ? Dans la réalité, en 2021, à 61 ans, moins d’un salarié sur 2 était encore en emploi. Beaucoup étaient en inactivité, en invalidité, et traversaient des périodes de chômage.
Si le futur retraité travaillait encore, son employeur a-t-il pris le soin d’assurer la transmission de ses compétences ? Lui a-t-il montré sa gratitude pour les années passées ?
Les conditions de travail et de rémunérations, qui sont liées à la catégorie socio-professionnelle, pèsent sur le montant de la pension, bien sûr, mais également sur l’état de santé. On constate des inégalités majeures entre les ouvrières-ouvriers et les cadres. Les caractéristiques pénibles et l’épuisement ne se limitent pas aux travaux pénibles physiquement mais s’étendent au stress et à la fatigue psychique (qui s’observe surtout dans les métiers exercés pas les femmes).
Les femmes et les hommes n’envisagent pas leur retraite de la même façon. Les hommes ont le souci de retrouver une identité sociale, plutôt dans une mono-activité, alors que les femmes sont pluri-actives et « ne mettent pas leurs œufs dans le même panier ».
