# 98- Santé et conditions de travail aggravées pour les femmes âgées de 50 à 67 ans. 

La question de la santé au travail des femmes dans le derniers tiers de leur vie professionnelle illustre à elle seule toutes les problématiques que j’ai pu aborder (et dénoncer) tout au long de ces 4 années de podcasting : c’est parce que leurs métiers, leurs conditions de travail, leurs caractéristiques biologiques, leur implication dans les tâches effectuées pour les autres différent de ceux des hommes qu’elles sont confrontées à des problèmes de santé différents.

J’ai eu la grande joie d’interroger Florence Chappert sur ce sujet. Elle est en première ligne pour faire ce constat puisqu’elle pilote le projet « Genre, égalité, santé et conditions de travail » à l’Anact l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail depuis 2008. Elle nous présente une synthèse des projets de recherche qu’elle a menés.

C’est à partir de l’analyse des données de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie que l’Anact ne cesse d’alerter depuis 2012 sur les indicateurs alarmants concernant la santé des femmes au travail :
– accidents du travail en hausse pour elles alors qu’ils régressent globalement,
– troubles musculosquelettiques – et souffrance psychique, stress, burn out qui les frappent tout particulièrement, ce qui génère un
– taux d’absentéisme supérieur de 40 % à celui des hommes.

L’Anact a réalisé un diagnostic auprès de 25 entreprises afin de comprendre quels sont les facteurs qui expliquent ces mauvais indicateurs. C’est ainsi qu’ils ont bâti un modèle baptisé « Toutes choses INégales par ailleurs » pour mettre en valeur toutes les différences et inégalités qui affectent les parcours professionnels des femmes.

J’étais particulièrement intéressée à comprendre comment ces différences et inégalités évoluaient avec l’âge.

Les réponses de Florence sont édifiantes. Avec les années, rien ne s’arrange ! Et ceci, pour les 4  facteurs d’explication que le modèle « Toutes choses inégales par ailleurs » a mis en valeur :

  1. La répartition sexuée des emplois associée au temps partiel souvent subi, à des conditions précaires d’emploi et à une forte pression d’urgence et psychologique s’accentue.

  2. La cinquantaine est marquée par la ménopause qui reste un tabou. Les symptômes sont mal pris en compte et très peu partagés, en particulier au travail. Les femmes en arrivent souvent à en réduire leurs ambitions.

  3. Dans les métiers qu’elles exercent, il y a peu de perspectives d’évolution. Elles ne bénéficient pas de formation.  Quand elles ont un emploi, même épuisant, même précaire, elles y restent.

  4. La charge parentale peut s’être allégée, les enfants ayant grandi. Par contre, elles se trouvent bien souvent aidantes, en charge des personnes âgées de leur entourage, ce qui pèse sur leurs fins de carrière.

A l’heure où le vieillissement démographique s’accroît et est préoccupant,  il devient grand temps de travailler sur les conditions spécifiques qu’affronte la moitié de la population active (= les femmes !)