Épisode 66 – Les réalités du travail en France par Bruno Palier – (1/2) L’obsession de la réduction des coûts

Pourquoi les métiers dits essentiels, occupés bien souvent par des femmes, sont-ils mal payés ?
Pourquoi les CDD et le temps partiel est-il majoritairement féminin ?
Pourquoi les salariés de + de 50 ans, femmes et hommes, sont-ils tenus à l’écart par les recruteurs et mal valorisés dans les entreprises ?

Ces questions sont au cœur de mon podcast Plaff et tournent dans ma tête depuis 3 ans = oui, pourquoi ?

L’ouvrage paru en 2023 sous le titre « Que sait-on du travail ? » aux Presses de Sciences Po, qui regroupe les travaux d’une soixantaine de chercheuses et chercheurs pour analyser le travail en France, y répond.

J’étais donc ravie de pouvoir, grâce à l’entremise sympathique de Laëtitia Vitaud, interroger Bruno Palier, qui a dirigé cette publication dans le cadre du Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques de Sciences Po.
Il est Directeur de recherche du CNRS à Sciences Po et est ma référence number 1 s’agissant de l’angle économique et social de mon sujet.

Dans cet épisode, je l’interroge sur ce qu’il pense être à l’origine des performances plutôt médiocres et du mal-être au travail qu’on observe en France, à savoir l’analyse qui prévaut depuis 30 ans et qui affirme que le coût du travail est trop élevé .

  • Afin de l’alléger, les différents gouvernements n’ont cessé depuis lors d’autoriser des exonérations de cotisations sociales dont le coût s’est beaucoup accru et a atteint 78 milliards d’€ au budget de l’Etat en 2022. Différentes études récentes remettent en cause l’efficacité de cette dépense exorbitante

  • Les entreprises, de leur côté, se sont employées à réduire leurs coûts de main d’œuvre en délocalisant leur production dans des pays moins protecteurs, en recourant à l’intérim et à la sous-traitance, en se séparant de leurs collaborateurs les mieux payés, donc les plus âgés et, enfin, en intensifiant les conditions d’exercice des employés qui leur restent.

Bruno Palier explique que d’autres pays ont fait des choix différents. L’Allemagne choisit des productions industrielles haut de gamme, la Suède et le Danemark privilégient l’innovation. Elles considèrent leurs salariés comme une richesse, les gardent et les forment jusqu’à leur retraite.

Dans un second épisode, que je mettrai en ligne le 8 février, nous poursuivrons cet état des lieux, en nous attachant aux secteurs d’activité et aux catégories les plus vulnérabilisés, les femmes, les plus vieux, les immigrés.

L’objectif de définir un monde du travail qui combine bien-être et production qualitative sera la conclusion !

Références