Épisode 71 –  Odile, accompagnante des élèves en situation de handicap (AESH) depuis 7 ans, témoigne en direct

Quatre ans après la crise-Covid, où entend-on encore parler des métiers essentiels ?
Qui se souvient qu’ils sont exercés principalement par des femmes ?

Parmi ces professions, j’ai choisi celle d’Odile, une femme de 62 ans qui exerce la profession d’AESH à Saint Etienne.

Je l’interroge sur ses conditions de travail. Elle nous raconte dans quelles circonstances elle a choisi ce métier, les différentes écoles dans lesquelles elle a exercé, combien elle gagne, comment, après 6 ans, elle a enfin un CDI et à quel point la formation initiale de 60 heures qu’elle a suivie lors de son embauche lui paraît insuffisante.

Pour sa part, elle se considère « bien lotie » car elle est bien intégrée dans son école et dans la classe, accompagne un seul enfant en maternelle.

Ce qui ne l’empêche pas de décrire le système à bout de souffle qu’elle observe au quotidien.

L’école inclusive accueille aujourd’hui 436 000 enfants en situation de handicap, partagés entre les écoles maternelle et primaire et les collèges. Les plaintes surgissent de toutes parts.

  • Ce sont les Maisons départementales des personnes handicapées MDPH qui notifient aux écoles les conditions dans lesquelles elles doivent accueillir chaque enfant.

  • Mais, faute d’AESH qui ne sont pas assez nombreuses, les décisions des MDPH ne peuvent pas être appliquées, source de beaucoup de désarroi et de colère chez les parents.

  • Les AESH présentes se partagent bien souvent entre plusieurs écoles et plusieurs enfants, aux pathologies différentes, ce qui occasionne beaucoup de stress et de fatigue physique.

  • Faute de places suffisantes dans des instituts spécialisés, des enfants aux troubles très graves se retrouvent admis en classe ordinaire, engendrant de grandes difficultés pour les enseignants.

Et pourtant, Odile adore son métier qu’elle exerce avec cœur, responsabilité et conscience professionnelle.

Je suis très heureuse d’avoir pu la mettre à l’honneur, elle qui, comme tant d’autres, nous permet encore de vivre dans une société humaine et solidaire.